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    DES NOUVELLES DU MILLESIME 2015


    L'actualité de l'année a été dominée par les catastrophes de la saison 2016. Mais pendant ce temps-là, les 2015 mijotaient tranquillement dans leurs tonneaux et suscitaient un vif intérêt.

    Autant l'avouer franchement : je suis un peu inquiet ... par le manque d'enthousiasme des journalistes rencontrés jusqu'à présent.
    Pas particulièrement pour nos vins. C'est évidemment toujours difficile de savoir ce qu'ils pensent vraiment d'un vin précis : souvent leur visage est impénétrable, leurs réponses lapidaires et les échanges limités ... Ils se réservent pour leurs lecteurs et ne veulent pas être influencés : on peut le comprendre.
    Mais pour ceux avec lesquels il est possible d'instaurer un dialogue sur le déroulement de la saison et l'interprétation du millésime, j'ai été surpris de constater qu'il y avait des restrictions, pointant un manque d'homogénéité, des vins trop verts ou trop mûrs ... Etonnant, même si le choix de la date de récolte n'a pas été optimal chez certains (nous sommes sûrs que la controverse sur ce point fera rage ...), nous croyons ces 2015 capables de résister à la plupart des mauvais traitements !

    Nous avons l'impression d'avoir ici en cave un véritable trésor. Ces vins goûtés et re-goûtés, souvent par pure gourmandise, affichent actuellement une forme superbe et tiennent toutes leurs promesses.
    Extrêmement avenants jeunes, leur structure est aujourd'hui plus présente. Résultat de leur évolution mais aussi de la phase actuelle : tous nos vins dans les millésimes récents passent par une période, à l'automne, où ils se goûtent plus tendus et tanniques.
    Mais leur nature n'a pas changé : ils réalisent la synthèse que recherche tout amateur de bourgognes entre maturité et structure. Riches, soyeux, mûrs, ils sont également frais, acidulés parfois et soutenus par des tannins fermes comme il faut.

    Cela est dû à de très belles maturités naturelles (la quasi-totalité des vins se situe aux environs de 13,5°) mais qui restent raisonnables et sont complétées par une acidité présente, sans excès. Il n'y avait plus à la vendange beaucoup d'acide malique ; les concentrations d'acide tartrique, assez moyennes, ont été peu précipitées par le potassium, faible cette année. Nous avons donc le paradoxe d'avoir des pH bas avec des acidités à peine dans la moyenne et cela se retrouve à la dégustation.

    A ceux qui reprochaient au millésime 2005 un côté un peu strict, 2015 offrira plus de volupté. Ceux qui trouvaient 2009 trop mûr et sucré seront ravis de constater que la fraîcheur est évidente dans ces 2015.


    Tout au long de cette saison 2016 si difficile, ils ont été un réconfort : après tout, nous aurions pu avoir un autre 1994 en cave pendant ce temps-là. De quoi avoir le moral vraiment en berne ...

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